Ateliers adultes, Évènements publics

Qu’est-ce qu’une vie bonne ?

Café Philo à Salleboeuf

Mardi 9 janvier 
à 20h 
au Bistro Cafe y Vino

Qu’est-ce qu’une vie bonne ?

 Animé par Florence LOUIS, médiatrice en philosophie, Association Philosphères

Participation d’une consommation par personne. Pour prolonger ce moment, un repas (14,50€) est proposé. Réservation pour le repas par mai ou téléphone auprès de  la médiathèque ou le soir même au Bistro y Vino.

Aristote distingue dans sa Politique deux formes de vie : le simple fait d’être vivant, zôè, et la façon de vivre selon le bien, en vue du bien, bios.  La première, la vie nue (voir l’analyse de Giorgio Agamben) apporte déjà quelque plaisir, « comme s’il y avait en elle une sorte de sérénité », euemeria, une belle journée.

Mais vivre une vie bonne, c’est plus que cela. Quel est ce bien qui permet de qualifier une vie de bonne ? Est-il constant ? Unique ? Est-il le même pour toutes et tous ?

Très vite un questionnement éthique – c’est-à-dire la recherche d’une vie accomplie – nous amène à une interrogation d’ordre politique : une vie bonne est-elle concevable sans considération pour les autres vies ? Quelles autres vies ? C’est ce que le philosophe Theodor Adorno met en question en affirmant : « on ne peut mener une vie bonne dans une vie mauvaise », ce qu’on peut traduire aussi par « une vie vraie dans un monde faux ». Qu’est-ce qu’une vie bonne ? nous invite à une réflexion sur « la vie mutilée ».

Comment penser notre vie propre alors même :

– que nous dépendons de la société (selon la définition de l’éthique par Paul Ricoeur : « viser une vie bonne avec et pour autrui dans des institutions justes »),  parce que nous sommes vulnérables (vulnus, exposés aux blessures) et potentiellement précaires (precarius, de prex, celui qui doit prier). « La vie de chacun est impliquée dans la vie des autres » rappelle Judith Butler ;

– que nous sommes dans une société de normalisation, soumis à ce que Foucault appelait « les techniques polymorphes du pouvoir », soit un pouvoir non pas souverain et transcendant, mais un pouvoir capillaire qui s’exerce sur nos corps collectivement, qui nous fabrique, nous, sujets ;

– que notre monde sombre sous les coups de la démesure technicienne et d’un capitalisme prédateur qui chaque jour déracine un peu plus les êtres vivants (selon l’analyse de Simone Weil qui voit l’enracinement comme « la participation réelle d’une personne à une collectivité ») ?

Autant de problématiques que nous essaierons d’éclairer ce soir.

Pour approfondir :
Judith Butler, Qu’est-ce qu’une vie bonne ?, Manuels Payot, 2014, introduction par Martin Rueff.
Giorgio Agamben, Homo sacer I. Le pouvoir souverain et la vie nue, Seuil, 1997.
Theodor Adorno, Minima Moralia,  Réfléxions sur la vie mutilée, Payot, 1980
Simone Weil, L’enracinement, in Œuvres, Quarto Gallimard, 1999
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