Ateliers adultes, Racontez-nous

racontez-nous, la suite !

article dans Bordeaux Mag, mars 2018

Poursuite des ateliers participatifs autour du Quartier de la gare avec deux ateliers à l’Union Saint-jean, maison de quartier :

  • le mardi 13 mars de 14 heures à 16 heures
  • le vendredi 23 mars de 17 heures à 19 heures

Venez nous raconter votre quartier, apportez des archives photos si vous en avez ! Nous écrirons ensemble un récit qui nous aidera à construire le présent et l’avenir.

Rendez-vous :

Union Saint-Jean

97 rue Malbec

33800 Bordeaux

05 56 92 56 96

Ateliers enfants, Ici et là: philosopher avec les enfants

En quête des lucioles

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Longtemps les étoiles nous ont servi de guides. Puis l’humanité a choisi de suivre les lumières de sa raison : sciences et techniques se sont alors développées au point que dans nos villes trop lumineuses, il devient difficile de contempler les étoiles. Qu’est-ce qui nous permet encore de voir clair ? Ne sommes-nous pas aveuglés ? Quelle est cette lueur qui parfois s’allume en nous et fait de chacun une luciole dans l’obscurité ?
De 8 à 12 ans
Samedi et dimanche à 16h – Durée 1h  – Accès libre dans la limite des places disponibles

Cap Sciences

Hangar 20 – Quai de Bacalan
33300 Bordeaux
Tel : 05 56 01 07 07

Un atelier proposé dans le cadre du Flash Festival, à partir de :

Des lucioles, G. Didi-Huberman, Amélie Jackowski, éd. l’initiale, 2017

La papote, Yannick Jaulin, Samuel Ribeyron, Didier Jeunesse,2015

La survivance des lucioles, G. Didi-Huberman, éd. de Minuit, 2009

Vocabulaire européen des philosophies, article « Lumière », éd. Seuil

« Au début des années soixante, à cause de la pollution atmosphérique et, surtout, à la campagne, à cause de la pollution de l’eau (fleuves d’azur et canaux limpides), les lucioles ont commencé à disparaître. Cela a été un phénomène foudroyant et fulgurant. Après quelques années, il n’y avait plus de lucioles. »Que signifie ce diagnostic que Pier Paolo Pasolini assène en 1975 dans son article« Le vide du pouvoir en Italie » ?

Qu’est-ce qu’une luciole ? A quel moment peut-on les voir ? Pourquoi disparaissent-elles ?

Que représentent ces lumières qui disparaissent ?

Que représente la nuit ?

Pourquoi faudrait-il préférer les lumières aux ténèbres ?

Y a t-il des humains qui s’opposent aux ténèbres ? Comment ?

Que veut dire « être pessimiste » ?

Comment devenir une luciole ?

Que représente le mouvement des Lumières, au XVIIIème siècle ?

Réfléchissons aux citations suivantes :

Diderot : « Égaré dans une forêt immense pendant la nuit, je n’ai qu’une petite lumière pour me conduire : ma raison.  Si je renonce à ma raison, je n’ai plus de guide. »

Lichtenberg : « A quoi peut donc bien servir toute la lumière que l’on voudra si les gens n’ont pas des yeux pour voir et s’ils en ont, les ferment à dessein ? »

Goethe : « Quoi donc ! La lumière ne serait là que lorsque vous la voyez ? Non ! C’est plutôt vous qui ne seriez pas là si la lumière elle-même ne vous voyait ! « .

Pierre Hadot : « Ce qu’il faut voir c’est ce qui nous fait voir : c’est la lumière qui est à l’origine de notre regard. »

Héraclite « les autres hommes ignorent ce qu’ils font après s’être réveillés, comme ils oublient ce qu’ils font lorsqu’ils dorment ».

 

 

Ateliers enfants, Ici et là: philosopher avec les enfants

Pourquoi se révolter ?

A partir de Thoreau, la vie sublime (A. Dan et Leroy, éd. Le Lombard), réflexion autour de la question de la révolte avec une classe de troisième du Collège Manon Cormier de Bassens (33).

La désobéissance civile

Première planche : Thoreau et un groupe d’abolitionnistes œuvrent à la libération d’esclaves. Rappel du contexte historique, l’esclavage, le commerce triangulaire, la société américaine divisée en classes antagonistes. Que faire quand la loi est du côté de la force ? Peut-il y avoir des lois injustes ? Pourquoi désobéir ? Que veut dire obéir ? Obéir à ses parents et obéir à des maîtres esclavagistes, est-ce la même chose ?

Il faut distinguer l’obéissance par contrainte et l’obéissance née d’une autorité naturelle : je suis l’autre parce que je reconnais qu’il me guide légitimement.

Quand ce que la loi m’ordonne me semble inacceptable, intolérable, que faire ? Désobéir prend la forme de la révolte, d’une injonction à ne pas accepter. Pourquoi ? Pour sauver ma vie, pour défendre des idéaux qui me sont chers : la liberté, l’égalité, la dignité humaine, les droits de l’homme… citent pêle-mêle les élèves.

La résistance par la violence

Deuxième planche : John Brown, le Spartacus blanc passe à l’action directe et au crime contre des pro-esclavages. Qu’est-ce qui caractérise son action et la différencie de celle de Thoreau ?  Violence et non-violence sont-elles du même ordre ? Le risque encouru n’est pas le même, la répercussion des actes non plus : libération d’esclaves dans un cas, terreur dans l’autre. La peur qui se répand chez les esclavagistes porte ses fruits puisque même Victor Hugo de sa retraite à Guernesey, lancera ses paroles le jour de la pendaison de John Brown :

« Oui que l’Amérique le sache et y songe, il y a quelque chose de plus effrayant que Caïn tuant Abel, c’est Washington tuant Spartacus. »

Mais n’y a t-il pas contradiction à tuer pour préserver la vie ? La parole peut-elle faire figure de révolte ? Quels exemples de révoltes non violentes portées par la parole ? Les discours de Martin Luther King contre la ségrégation, de JFK à Berlin, du Général de Gaulle le 18 juin 1940 : des mots qui rassemblent pour la libération des peuples.

Quelles questions philosophiques soulève cette histoire ?

  • Pourquoi prendre des risques ?
  • Pourquoi se rebeller ?
  • Pourquoi se révolter ?

« Parce que personne ne le fera à notre place » : se révolter c’est faire émerger un « je » d’une masse d’individus informe. Et du je, se faire entendre et passer au nous. Ce « nous » qui n’est pas un « on » et qui permet d’ancrer l’action au cœur de personnes libres et responsables.

Et vous, qu’est-ce qui vous révolte ?

Contre l’indifférence, la plainte ou même le conformisme,  chacun est appelé à entrer en résistance contre ce qui l’indigne, le révolte : « l’irrespect face aux professeurs », « le traitement infligé aux animaux », « l’injustice face à l’emploi », « le sort des sans-abri », « le réchauffement climatique », répondent les élèves. De belles raisons d’espérer que les jeunes prennent à bras le corps ces causes et les défendent, bien loin de la résignation.

 

 

Ateliers enfants

Pour une philosophie enfantine

Quand le grand Karl Jaspers évoque la philosophie pratiquée par les enfants…

« Une petite fille fait une promenade ; à l’entrée d’une clairière, on lui raconte des histoires d’elfes qui y dansent la nuit. « Mais pourtant, ils n’existent pas… » On lui parle alors des choses réelles, on lui fait observer le mouvement du soleil, on discute la question de savoir si c’est le soleil qui se meut ou la terre qui tourne, on produit les raisons de croire à la forme sphérique de la terre et à son mouvement de rotation… « Mais ce n’est pas vrai, dit la fillette en frappant du pied le sol, la terre ne bouge pas. Je ne crois que ce que je vois. » On lui réplique : « Alors tu ne crois pas au bon Dieu, tu ne le vois pas non plus. » La petite semble interloquée, puis déclare résolument : « S’il n’existait pas, nous ne serions pas là. » Elle avait été saisie d’étonnement devant la réalité du monde : il n’existe pas par lui-même. Et elle comprenait la différence qu’il y a entre un objet faisant partie du monde et une question concernant l’être et notre situation dans le tout.
Une autre enfant va faire une visite et monte un escalier. Elle prend conscience du fait que tout change sans cesse, que les choses s’écoulent et passent comme si elles n’avaient pas existé. « Mais il doit pourtant bien y avoir quelque chose de solide. Je monte maintenant, ici, un escalier pour aller chez ma tante, ça je veux le garder. » Sa surprise et sa frayeur devant l’écoulement universel et l’évanescence de tout lui faisaient chercher à tout prix une issue.

 

Constituer toute une philosophie enfantine

En collectionnant des remarques de ce genre, on pourrait constituer toute une philosophie enfantine. On alléguera peut-être que les enfants répètent ce qu’ils entendent de la bouche de leurs parents et des autres adultes ; cette objection est sans valeur lorsqu’il s’agit de pensées aussi sérieuses. On dira encore que ces enfants ne poussent pas plus loin la réflexion philosophique et que, par conséquent, il ne peut y avoir là chez eux que l’effet d’un hasard. On négligerait alors un fait : ils ont souvent une sorte de génie qui se perd lorsqu’ils deviennent adultes. Tout se passe comme si, avec les années, nous entrions dans la prison des conventions et des opinions courantes, des dissimulations et des préjugés, perdant du même coup la spontanéité de l’enfant, réceptif à tout ce que lui apporte la vie qui se renouvelle pour lui à tout instant ; il sent, il voit, il interroge, puis tout cela lui échappe bientôt. Il laisse tomber dans l’oubli ce qui s’était un instant révélé à lui, et plus tard il sera surpris quand on lui racontera ce qu’il avait dit et demandé. »

Karl Jaspers, Introduction à la philosophie, 10/18, Plon, 1965

Ateliers adultes

Que faire de nos différences ?

Pour la quinzième saison, le Café Philo de Salleboeuf nous reçoit ce mardi 6 février 2018 autour du sujet suivant :

Que faire de nos différences ?

Avant de savoir ce qu’il faut en faire, il faut préciser ce que sont ces différences dites nôtres : les miennes ? Les tiennes ? Les nôtres ?

La question de la différence renvoie en miroir à celle de l’identité : il convient de distinguer l’identité numérique (l’unique, correspondant au numéro de sécurité sociale), l’identité qualitative (qui est affaire de degré, allant jusqu’à la « ressemblance extrême » (P. Ricoeur) : le bateau de Thésée reconstruit pendant son absence est-il le même bateau ?) et l’identité spécifique (relation de plusieurs entités regroupées sous une même espèce). Entre le même, identique à soi, et l’autre, ce qui en diffère, tout est affaire de degrés et de point de vue.

Question de points de vue

En effet l’identité est toujours relative : il en est de même pour la différence.  L’autre peut m’apparaitre plus ou moins différent de moi selon la connaissance que j’ai de lui, ce que je comprends de sa personne et de moi-même, la représentation que je me fais de ses qualités… C’est en ce sens qu’on peut se demander quelles différences sont données naturellement, et quelles sont celles qui sont construites, culturellement.

Prenons l’exemple de la différence sexuelle. Françoise Héritier précise : « Nous sommes certes programmés mais pour apprendre, et l’apprentissage que nous subissons, différentiel selon notre sexe, est à la base du surgissement, aux yeux d’autrui, des qualités et composantes attendues et normées pour chaque sexe » (Hommes, femmes, la construction de la différence).

Ainsi c’est la culture qui fait subir aux femmes des handicaps plus grands que ceux que la Nature leur apporte. Le genre est ainsi défini comme « le versant psycho social de la différence des sexes », associé à un « système de différenciation social au service des rapports de domination ».

Car une des problématiques liées à la différence est bien la tentation (la règle, si l’on se situe dans l’histoire du monde) de la domination : l’autre m’apparait plus petit, lâche ou stupide, alors je m’arroge le droit de le dominer en vertu de ce « plus » que je m’attribue.

Les différences sociales sont ainsi source d’inégalités, qu’il convient de combattre. Aux différences culturelles s’associe le risque d’enfermement dans une identité : c’est parce que le sujet moderne ne sait plus qui il est (comment définir la nature humaine après deux siècles de crise du sujet ? Comment faire de sa vie un récit à l’heure où la gestion des humains suppose des individus domestiqués, flexibles manipulables, sans projet ?) qu’il s’effraie face à un autrui qui lui apparait différent.

Alors que faire ?

La rencontre, l’échange, l’accueil s’imposent afin d’apprendre de l’autre un peu plus sur nous-mêmes.

Au Café Philo de Salleboeuf une quarantaine de personnes a bravé la neige promise pour cette nuit. Venues pour réfléchir ensemble, avec toutes leurs différences….

Laisser l’autre libre de nous surprendre. « Accepter,savoir s’effacer pour écouter, reconnaitre les compétences et utiliser ses compétences » nous propose une des participantes. Et un autre d’évoquer cette fable très inspirée :

L’aveugle et le paralytique

Aidons-nous mutuellement,
La charge des malheurs en sera plus légère ;
Le bien que l’on fait à son frère
Pour le mal que l’on souffre est un soulagement.
Confucius l’a dit ; suivons tous sa doctrine.
Pour la persuader aux peuples de la Chine,
Il leur contait le trait suivant.

Dans une ville de l’Asie
Il existait deux malheureux,
L’un perclus, l’autre aveugle, et pauvres tous les deux.
Ils demandaient au Ciel de terminer leur vie ;
Mais leurs cris étaient superflus,
Ils ne pouvaient mourir. Notre paralytique,
Couché sur un grabat dans la place publique,
Souffrait sans être plaint : il en souffrait bien plus.
L’aveugle, à qui tout pouvait nuire,
Etait sans guide, sans soutien,
Sans avoir même un pauvre chien
Pour l’aimer et pour le conduire.
Un certain jour, il arriva
Que l’aveugle à tâtons, au détour d’une rue,
Près du malade se trouva ;
Il entendit ses cris, son âme en fut émue.
Il n’est tel que les malheureux
Pour se plaindre les uns les autres.
« J’ai mes maux, lui dit-il, et vous avez les vôtres :
Unissons-les, mon frère, ils seront moins affreux.
– Hélas ! dit le perclus, vous ignorez, mon frère,
Que je ne puis faire un seul pas ;
Vous-même vous n’y voyez pas :
A quoi nous servirait d’unir notre misère ?
– A quoi ? répond l’aveugle ; écoutez. A nous deux
Nous possédons le bien à chacun nécessaire :
J’ai des jambes, et vous des yeux.
Moi, je vais vous porter ; vous, vous serez mon guide :
Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés ;
Mes jambes, à leur tour, iront où vous voudrez.
Ainsi, sans que jamais notre amitié décide
Qui de nous deux remplit le plus utile emploi,
Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi.  »

Pour approfondir et entrer dans les affres de l’histoire humaine, aux prises avec les différences et leur instrumentalisation :

Achille Mbembe, Critique de la raison nègre, La découverte, 2015

Ateliers adultes

Stage découverte Philo’ Art : Ecrire la joie

Un stage découverte Philo’art en trois temps :
– lecture de textes philosophiques autour de la joie
– écriture
– lecture des textes écrits ce jour.

 

Le vendredi 16 février de 14 heures à 17 heures, Atelier Brach 33 rue de Brach 33000 Bordeaux.
Tarifs : de 3 euros à 13 euros selon ressources, infos.
Max. 15 personnes
Réservation Atelier Brach : 05 56 79 73 44 / 05 24 57 65 04