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Ateliers adultes

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Que faire de nos différences ?

Pour la quinzième saison, le Café Philo de Salleboeuf nous reçoit ce mardi 6 février 2018 autour du sujet suivant :

Que faire de nos différences ?

Avant de savoir ce qu’il faut en faire, il faut préciser ce que sont ces différences dites nôtres : les miennes ? Les tiennes ? Les nôtres ?

La question de la différence renvoie en miroir à celle de l’identité : il convient de distinguer l’identité numérique (l’unique, correspondant au numéro de sécurité sociale), l’identité qualitative (qui est affaire de degré, allant jusqu’à la « ressemblance extrême » (P. Ricoeur) : le bateau de Thésée reconstruit pendant son absence est-il le même bateau ?) et l’identité spécifique (relation de plusieurs entités regroupées sous une même espèce). Entre le même, identique à soi, et l’autre, ce qui en diffère, tout est affaire de degrés et de point de vue.

Question de points de vue

En effet l’identité est toujours relative : il en est de même pour la différence.  L’autre peut m’apparaitre plus ou moins différent de moi selon la connaissance que j’ai de lui, ce que je comprends de sa personne et de moi-même, la représentation que je me fais de ses qualités… C’est en ce sens qu’on peut se demander quelles différences sont données naturellement, et quelles sont celles qui sont construites, culturellement.

Prenons l’exemple de la différence sexuelle. Françoise Héritier précise : « Nous sommes certes programmés mais pour apprendre, et l’apprentissage que nous subissons, différentiel selon notre sexe, est à la base du surgissement, aux yeux d’autrui, des qualités et composantes attendues et normées pour chaque sexe » (Hommes, femmes, la construction de la différence).

Ainsi c’est la culture qui fait subir aux femmes des handicaps plus grands que ceux que la Nature leur apporte. Le genre est ainsi défini comme « le versant psycho social de la différence des sexes », associé à un « système de différenciation social au service des rapports de domination ».

Car une des problématiques liées à la différence est bien la tentation (la règle, si l’on se situe dans l’histoire du monde) de la domination : l’autre m’apparait plus petit, lâche ou stupide, alors je m’arroge le droit de le dominer en vertu de ce « plus » que je m’attribue.

Les différences sociales sont ainsi source d’inégalités, qu’il convient de combattre. Aux différences culturelles s’associe le risque d’enfermement dans une identité : c’est parce que le sujet moderne ne sait plus qui il est (comment définir la nature humaine après deux siècles de crise du sujet ? Comment faire de sa vie un récit à l’heure où la gestion des humains suppose des individus domestiqués, flexibles manipulables, sans projet ?) qu’il s’effraie face à un autrui qui lui apparait différent.

Alors que faire ?

La rencontre, l’échange, l’accueil s’imposent afin d’apprendre de l’autre un peu plus sur nous-mêmes.

Au Café Philo de Salleboeuf une quarantaine de personnes a bravé la neige promise pour cette nuit. Venues pour réfléchir ensemble, avec toutes leurs différences….

Laisser l’autre libre de nous surprendre. « Accepter,savoir s’effacer pour écouter, reconnaitre les compétences et utiliser ses compétences » nous propose une des participantes. Et un autre d’évoquer cette fable très inspirée :

L’aveugle et le paralytique

Aidons-nous mutuellement,
La charge des malheurs en sera plus légère ;
Le bien que l’on fait à son frère
Pour le mal que l’on souffre est un soulagement.
Confucius l’a dit ; suivons tous sa doctrine.
Pour la persuader aux peuples de la Chine,
Il leur contait le trait suivant.

Dans une ville de l’Asie
Il existait deux malheureux,
L’un perclus, l’autre aveugle, et pauvres tous les deux.
Ils demandaient au Ciel de terminer leur vie ;
Mais leurs cris étaient superflus,
Ils ne pouvaient mourir. Notre paralytique,
Couché sur un grabat dans la place publique,
Souffrait sans être plaint : il en souffrait bien plus.
L’aveugle, à qui tout pouvait nuire,
Etait sans guide, sans soutien,
Sans avoir même un pauvre chien
Pour l’aimer et pour le conduire.
Un certain jour, il arriva
Que l’aveugle à tâtons, au détour d’une rue,
Près du malade se trouva ;
Il entendit ses cris, son âme en fut émue.
Il n’est tel que les malheureux
Pour se plaindre les uns les autres.
« J’ai mes maux, lui dit-il, et vous avez les vôtres :
Unissons-les, mon frère, ils seront moins affreux.
– Hélas ! dit le perclus, vous ignorez, mon frère,
Que je ne puis faire un seul pas ;
Vous-même vous n’y voyez pas :
A quoi nous servirait d’unir notre misère ?
– A quoi ? répond l’aveugle ; écoutez. A nous deux
Nous possédons le bien à chacun nécessaire :
J’ai des jambes, et vous des yeux.
Moi, je vais vous porter ; vous, vous serez mon guide :
Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés ;
Mes jambes, à leur tour, iront où vous voudrez.
Ainsi, sans que jamais notre amitié décide
Qui de nous deux remplit le plus utile emploi,
Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi.  »

Pour approfondir et entrer dans les affres de l’histoire humaine, aux prises avec les différences et leur instrumentalisation :

Achille Mbembe, Critique de la raison nègre, La découverte, 2015

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Stage découverte Philo’ Art : Ecrire la joie

Un stage découverte Philo’art en trois temps :
– lecture de textes philosophiques autour de la joie
– écriture
– lecture des textes écrits ce jour.

 

Le vendredi 16 février de 14 heures à 17 heures, Atelier Brach 33 rue de Brach 33000 Bordeaux.
Tarifs : de 3 euros à 13 euros selon ressources, infos.
Max. 15 personnes
Réservation Atelier Brach : 05 56 79 73 44 / 05 24 57 65 04

 

Ateliers adultes, Évènements publics

Qu’est-ce qu’une vie bonne ?

Café Philo à Salleboeuf

Mardi 9 janvier 
à 20h 
au Bistro Cafe y Vino

Qu’est-ce qu’une vie bonne ?

 Animé par Florence LOUIS, médiatrice en philosophie, Association Philosphères

Participation d’une consommation par personne. Pour prolonger ce moment, un repas (14,50€) est proposé. Réservation pour le repas par mai ou téléphone auprès de  la médiathèque ou le soir même au Bistro y Vino.

Aristote distingue dans sa Politique deux formes de vie : le simple fait d’être vivant, zôè, et la façon de vivre selon le bien, en vue du bien, bios.  La première, la vie nue (voir l’analyse de Giorgio Agamben) apporte déjà quelque plaisir, « comme s’il y avait en elle une sorte de sérénité », euemeria, une belle journée.

Mais vivre une vie bonne, c’est plus que cela. Quel est ce bien qui permet de qualifier une vie de bonne ? Est-il constant ? Unique ? Est-il le même pour toutes et tous ? Read More

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Atelier autour des pionniers de la pensée écologique : Ivan Illich

Un cycle sur les auteurs de la pensée écologique

Face au réchauffement climatique, à la pollution grandissante et au saccage de la Nature, la philosophie interroge le rapport de l’homme au monde.
Après Jacques Ellul et Bernard Charbonneau, nous vous proposons d’entrer dans l’oeuvre d’Ivan Illich, penseur original, père d’une des critiques de la société industrielle les plus virulentes du XXème siècle.

Rendez-vous avec Ivan Illich

Convivialité, contre-productivité, monopole radical ou valeurs vernaculaires : autant de concepts qui peuvent nous aider à penser le présent, dans une perspective écologiste plus que jamais féconde.
Un atelier, à la Maison écocitoyenne de Bordeaux, le jeudi 16 novembre
2017, de 11 heures à 12 heures 30.
gratuit sur inscription 05 24 57 65 20 ou maisoneco@mairie-bordeaux.fr